Les Chroniques de Mélanie

Bienvenus dans la blogosphère des chroniques de Mélanie, journaliste en herbe (IUT de Cannes): Réactions sur l'actualité de la semaine.

15 janvier 2007

L'Italie est malade de ses hôpitaux

Hopitaux_italiens
PHOTO L'Espresso
L’enquête de l’hebdomadaire italien L’Espresso dans le plus grand hôpital public du pays crée le scandale.
Des mégots de cigarettes, des sacs poubelles délaissés dans les couloirs, des sols mal lavés, des excréments de chien même les infirmiers n’hésitaient pas à fumer à l’intérieur de l’établissement. Voilà ce qu’a dévoilé l’enquête dans les locaux de la polyclinique universitaire Umberto-I  à Rome. Ses révélations ont été possibles grâce à Fabrizio Gattiun journaliste qui s’est glissé dans la peau d’un agent d’entretien pendant un mois. Le 9 janvier, la nouvelle est un véritable choc. Elle met à jour les disfonctionnements du système public de santé italien. Les réactions ne se font pas attendre. En trois jours, plus de 1500 établissements ont été inspecté dont l’hôpital universitaire de Naples contraint de fermer son département hématologie infesté de souris.
Le gaspillage budgétaire
Le déficit de l’Etat italien atteint 1600 milliards d'euros. Début Octobre, le conseil des ministres de Romano Prodi a définit le budget 2007 : le système de santé (et de retraite) est le grand perdant, il devra encore économiser de 9,5 à 3 milliards d’euros. Ces dernières années le financement du secteur public hospitalier a été revu à la baisse. Le nombre de lits a été réduit de 10% entre 1991 et 1999. Les restrictions budgétaires conduisent les syndicats à agir pour empêcher les licenciements du personnel hospitalier. L’Espresso dénonce une médecine "à deux vitesses avec des structures privées qui fonctionnent relativement bien et celles du service public laissées à un semi-abandon". Selon une enquête des chambres de commerce en 2006 rapportée par Le Monde, l’Italie compterait « 126 hôpitaux fantômes » dont la construction n’a pas été achevé. Cela représenterait une perte de 8 milliards d’euros. Cette mauvaise gestion est due en partie à la décentralisation des établissements de santé.
Et les hôpitaux français ?
La France raille l’Italie sur les conditions sanitaires déplorables de son système hospitalier, trop fière pour admettre les défaillances de son propre système de santé, loin d’être parfait pourtant. Aurait-t-on oublié la canicule d’août 2003 qui a tué 15 000 personnes et l’engorgement des hôpitaux, incapables de faire face à la crise. Le nombre de décès dans les établissement de santé avait augmenté de 1,7% et le ministre de la santé Jean-françois Mattéi avait déclaré : «Je suis persuadé que si l’on avait une permanence de soins en ville correctement organisée et correctement assurée, les services hospitaliers d’urgence pourraient travailler dans de bien meilleures conditions». Avoir une permanence de soins plus organisée nécessite plus de moyens humains et financiers. Ce que confirme la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Selon elle, les conséquences de la canicule sont dues à une «mauvaise utilisation des ressources budgétaires ».
Encore trop de morts pour rien
En 2005, les médecins urgentistes se mettent en grève pour dénoncer les dysfonctionnements du système de santé. «On commence à  voir de plus en plus de gens, en France, qui décèdent faute de soins», déplore Patrick Pelloux, président de L’association des médecins urgentistes hospitaliers de France (AMUHF).
Chaque année en Italie,  le manque d’hygiène entraîne la mort de 4500 à 7000 personnes des suites d'infections contractées à l'hôpital. Incompréhensible : 450 000 et 700 000 sont victimes de maladies nosocomiales, soit 6,7% des personnes hospitalisées. Un chiffre à peu près équivalent à celui de la France où meurent chaque année entre 10 000 à 30 000 patients du même type d'infection. A la polyclinique Umberto-I, le taux d'infection des malades dépasse les 15%.

Clip_videoLes photos qui font scandale...A vous de juger.

MC

Posté par melC13 à 23:38 - International - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    beurk

    on savait deja que c'est dans les hopitaux que l'on est suceptible d'attraper le plus ce genre de maladie, mais de la à constater des conditions sanitaire a ce point déplorable...je reste sans voie.gloups

    Posté par cyril, 16 janvier 2007 à 23:22

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