Les Chroniques de Mélanie

Bienvenus dans la blogosphère des chroniques de Mélanie, journaliste en herbe (IUT de Cannes): Réactions sur l'actualité de la semaine.

26 janvier 2007

"Quarantaine" démasque les idéaux

marie_eve__mestre_retoucherLigatures magiques (protocole-008), 1999-2000, Marie-Eve Mestre.
La galerie Norbert expose Quarantaine jusqu’au 17 mars à Nice. Les artistes Natacha Lesueur, Marie-Eve Mestre et Bruno Pelassy travaillent sur l’ambivalence du mot quarantaine : entre la fleur de l’âge et la mise à l’écart jusqu’à la dégradation de l’être : Bienvenus dans la douloureuse réalité.
Regarder ces œuvres suffit à créer le malaise : la curiosité côtoie l’abomination. Les installations, les photographies, les portraits nous observent. Pénétrer leur intimité, c’est être un peu voyeur. On ressent la gêne. Les trois artistes aux univers différents donnent leur vision commune de la quarantaine : la maladie, l’isolement, la monstruosité et les rêves perdus. C’est un choc presque brutal de ce qu’est le monde. Quarantaine est une rétrospective amicale de Natacha Lesueur et de Marie-Eve Mestre pour Bruno Pelassy, décédé du virus du Sida en 2002. Natacha Lesueur travaille sur la photographie noir et blanc et couleur, sur papier et aluminium.  Dans tous ses états, l’homme est son terrain d’expérimentations : l’homme en latence, déjà marqué de blessures à vie (Sans titre, tirage photographique sur papier baryté ; 2005). L’homme aveuglé par l’apparat et ses idéaux (Sans titre, tirage ilfochrome ; 2005).
Bruno Pelassy est un antagoniste : il expose la souffrance en couleur. Ses croquis de visages marqués par la maladie (Sans titre, série We gonna have a good time ; 1994-95) s’opposent à la préciosité des assemblages de matériaux purs, des perles de verre, de nacre, d’opales et d’ivoire sur du velours. B. Pelassy puise dans les contrastes, l’essence de son art. C’est une confrontation brutale à la vie.
Le travail de Marie-Eve Mestre marque aussi une opposition entre l’onirisme d’un monde idéal et la brutalité de la réalité pleine de bizarreries. L’installation Ligatures magiques (Protocole-008 ; 1999) est à l’image d’un laboratoire de manipulations génétiques avec des formes  énigmatiques en gelée rose. L’artiste imite la société de consommation, l’illusion cosmétique, le divertissement guignolesque: « j’ai toujours été très politisée. Je suis très lucide sur la vie » affirme M-E Mestre. Dans Fraîchement configurée (d’après Martine de Marlier ; 1999), elle détourne « l’univers aseptisé de Martine, ce monde où il faut suivre le droit chemin pour lui donner un côté Frankenstein », explique t-elle.
L’exposition s’articule en trois salles dans un enchaînement logique. La première est exclusivement en noir et blanc, elle symbolise la phase de sommeil de la vie. La seconde, plus onirique et colorée est une critique cinglante du superficiel. La troisième est un cabinet de curiosités, comme l’est fondamentalement la diversité de notre monde. A travers leurs œuvres, les trois artistes décortiquent la quarantaine et ses ambivalences - de la sublimation à la décrépitude - jusqu’à en explorer les bas fonds pour y dévoiler les méandres d’une société désœuvrée.

                       MC

Posté par melC13 à 23:30 - Culture - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    mestre du rien

    comment se fourvoyer au point de reconnaitre dans les maladresses de m-e mestre un quelquonque lien avec l art,mes etudiants de premiere année sont d entrée plus fins que cet éniémesymptome facheux .........souhaitons lui une courte vie,et pas trop prolixe svp

    Posté par verna, 12 février 2007 à 20:38
  • Qu'est ce que l'Art aujourd'hui?

    Je partage assez votre avis et cela amène à se poser une question : Tout le monde est-il artiste aujourd'hui? L'art doit t-il être au service d'un message que son auteur cherche à faire passer ou l'Art est-il simplement dans le geste désoeuvré? C'est difficile aujourd'hui pour les néophites de comprendre cet Art où tout est permis, même le vide. J'espère alors que vous donnez à vos étudiants le sens d'un Art plein et non vidé de son sens.

    Posté par melc13, 14 février 2007 à 00:28
  • REPONSE A VERNA

    je ne suis pas sûre que ton talent égale ta méchanceté naturelle car ta notoriété serait alors internationale ce qui est loin d'être le cas alors évite de te préoccuper du travail d'autrui çà frise la jalousie c'est pathétique

    Posté par BARBARELLA, 10 juillet 2007 à 23:30

Poster un commentaire